FLORA BASTHIER

Le projet d'exposition Mutations Noires fait suite à la recherche-création co-menée en 2025 par Flora Basthier, artiste-autrice transdisciplinaire française et Michèle Leung, doctorante franco-taïwanaise en sciences sociales (EHESS Paris/CRAL-NTUE Taïwan).
A la fois universitaire et artistique, la recherche aborde la production actuelle de la matière essence de la calligraphie au Japon : l'encre noire 墨. Celle-ci est intrinsèque au monde lettré et artistique et fait l’objet en Asie d’un véritable artisanat d’art. Néanmoins, l’encre reste méconnue dans ses méthodes de fabrications artisanales et est aujourd’hui en réel déclin face à la numérisation du monde.
L'encre traditionnelle se présente comme un objet solide que l'on vient frotter sur une pierre avec de l'eau pour obtenir le liquide. Communément prenant une forme de bâton, le façonnage de l'encre à l'aide de moule en bois peut donner une multiplicité de variantes et de décors selon les artisans ou les usages destinés. L'encre se présente alors telles de petites sculptures qui s'utilisent ou se collectionnent.
Pour cette étude, nous avons eu l’honneur d’être accueillies par l’une des dernières familles d’artisans japonais à Nara (Kinkoen). Il nous permet de à la fois observer, collecter et créer à partir des matières de son atelier. Ce projet reçoit également le soutien de L’institut d’art contemporain de Kyoto (ICA Kyoto) qui nous permet de bénéficier d’un espace de travail au sein de l’Université des Arts de Kyoto, d'un soutien à la monstration, ainsi que d’un visa longue durée relevant des activités culturelles.
L’exposition est le fruit d’une immersion dans les ateliers des artisans de Nara. Elle présente une étude du contexte culturel, social et anthropologique des matériaux de l’encre, ainsi que d’une collaboration avec des artistes Japonais exploitant la puissance esthétique du noir de fumée. Dans un espace où l’ambiance d’un atelier tente d’être retranscrit, l’exposition se constitue d’un parcours d’oeuvres et de documentations qui expriment le processus de fabrication et de transformation de l’encre.
Entre documentation, création et curation, « Mutations Noires » vise à rendre compte de l’évolution d’une pratique traditionnelle d'inscription à l’air du numérique tout en dévoilant les qualités esthétiques de la fabrication de l’encre. Les étapes de transformations sociales et les changements d’états de la matière sont mis en corrélation. Le documentaire accompagnant le projet d’exposition exprime ainsi un dialogue entre art & artisanat, où les riches échanges franco-japonais démontrent leurs volontés communes de préservation des pratiques ancestrales et d’une authenticité des matières.





