top of page

Actions de dessins furtifs dans l'espace public 

Depuis 2017

​

Dans l'intention de questionner les limites de l'inscription je cherche à développer une pratique du dessin éphémère dans l’espace urbain par le biais d’interventions furtives. Le projet ici présenté est représentatif de cette démarche. L’idée initiale de L’usure du monde était de révéler l’espace en creux qu’est la flaque. Celle-ci apparait seulement pendant un temps donné et s’apparente à une marge souvent dépréciée. Afin de mettre en valeurs ce miroir interstitiel, il a été fait usage d’aérosols de peinture (Suminagashi urbain, 2015) puis par la suite, dans un soucis tant esthétique qu’écologique, de fluoresceine. Cette matière réagit instantanément avec l’eau, et sa couleur vive laisse à penser quelque chose de peu naturel. Pourtant, malgré cet aspect polluant, le colorant est totalement inof-fensif pour l’environnement. Il se dilue petit à petit et disparaît. Cette substance fût notamment utilisée par l’artiste écologiste Nicolas Uriburu qui déversa d’importante quantité du composant dans les plus grands fleuves du monde, et ceci afin d’interpeller sur la pollution de l’eau. La fluoresceine est ici utilisée sur le bitume détrempé. La route se présente comme une page sur laquelle la substance est appliquée. En réemployant cette matière dans l’espace public à une échelle moins spectaculaire, la fluoresceine interpelle le passant sur la condition de l’eau. La chaussée comme lavis, il est ainsi possible de réaliser nombre de dessins sans impact dans le temps ni l’environnement. L’aspect signalétique va accentuer l’effet d’espace transitoire. Aussi, l’utilisation d’un pinceau induit l’idée d’une calligraphie urbaine éphémère qui n’est pas sans rappeler la pratique du Dishu. Au fil des expérimentations, une réflexion s’est portée sur l’écriture de la pollution invisible notamment celle liée au nucléaire, de mon territoire natale (Limousin, Bessines-sur-Gartempe) et celui de mon lieu de travail actuel (Japon). Le projet de L'usure du monde répond à la fois à mes pulsions d'hyperactivité graphique en même temps qu'il questionne les traces que nous laissons derrière nous.

​

​

bottom of page